L’expérience conditionnée

Lorsque nous écoutons et comprenons avec notre intellect, notre esprit se réfère à nos structures conceptuelles déjà existantes, et il organise intérieurement toutes choses afin qu’elles « collent » ensemble. Il organise également notre passé, notre présent et notre avenir en vue de cette « cohérence ». Pour ce faire, il utilise la logique, la raison et la comparaison avec le connu.

C’est notre ego bien protégé qui construit ainsi notre monde. Rien de ce qui n’y correspond ne peut y entrer.

Dans ce monde-là, nous semblons communiquer avec les autres et nous croyons être dans une réelle compréhension. Comme tout s’intègre parfaitement, nous avons le sentiment que cela a du sens.

Mais, quelque chose manque, n’est pas complètement vivant et réel ; nous sommes comme à distance, en retrait… Car nous ne vivons pas notre expérience depuis notre « nature vivante », mais depuis un mode conceptuel plus sec, plus froid, et plat que le vivant, qui lui est d’une texture infiniment riche et complexe, mouvante, dans l’instant.

Le « travail » intérieur

Pour accéder à une expérience complète et vraie de la vie, nous avons un travail à faire : «Le Travail» ainsi que le nomme la tradition soufie. Il s’agit d’apprendre à se mettre en contact avec ce que l’on vit et ressent, notre vérité vivante et unique, hors conditionnement.

Pour cela, il nous faut nous défaire de ce conditionnement, chercher le vrai, devenir autonome là où nous ne le sommes pas, accepter une certaine solitude, oser prendre des risques, dépasser nos retenues, nous secouer, nous réveiller, nous ouvrir à de nouveaux espaces de conscience, lâcher prise pour accéder à une simplicité intérieure.

C’est seulement grâce à ce Travail que nous trouvons notre route, et que nous nous trouvons.

Par notre « nature vivante » nous sommes dans un contact permanent et complet avec la vie, en dehors de la logique ordinaire et des automatismes.
Tant que ce «Travail» ne sera pas fait, il existera toujours une séparation entre la conscience que nous avons et la vérité des choses.
C’est à chacun de faire ce travail intérieur ; personne ne peut le faire pour soi, c’est pourquoi les Soufis le nomment « La Perle sans Prix » car on ne peut l’acheter.

La lutte et l’abandon

L’effort, l’implication personnelle ayant pour but cette reconnexion ont un grand prix.

Il n’existe pas de carte qui nous ramène à notre véritable nature, le chemin n’est pas tracé. Si nous avons perdu la connexion avec notre sensibilité propre, c’est que nous en avons désactivé l’accès. Le processus nécessite d’aller chercher la vérité, ce qui est en nous et que nous avons refusé d’expérimenter de façon complète : nos émotions retenues, nos sentiments non exprimés face à des situations que nous n’avons pu accepter, la contraction de notre être et notre décision de désactiver l’accès à nous-même.

Ce processus intérieur ne peut être évité et il est coûteux.

La lutte, l’effort sont souvent perçus comme étant inadéquats. C’est vrai à partir d’un certain point : cette lutte n’est nécessaire que jusqu’à ce que nous n’en ayons plus besoin, c’est-à-dire jusqu’à ce que, fatigué de lutter, nous ayons compris que nous pouvons lâcher prise et nous ouvrir à la réalité telle qu’elle est. Nous abandonner à notre expérience, et nous abandonner en confiance à la Vie.

Inspiré d’un texte de Bill Savoy (élève de L. Noyes)


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